Roussillon
Le domaine Sainte-Jacqueline au coeur de St-Estève.
Le 5 mars 2006
Posté par Cecile Feray-Desgranges
Pour cette seconde visite, j’interrogeais un client qui sortait de la cave en transportant un bag-in-box de 10 litres. « C’est du bon vin et surtout ce n’est pas du t-rrr-affiqué comme les autres ! » m’informa-t’il bien haut en roulant les R à la catalane comme le font les anciens de la région. Je restai perplexe sur le moment mais je ne tardai pas à en savoir plus en franchissant la porte !
Au départ, nous nous demandions quel était le vigneron à l’origine de la « Vigne du Père » que nous avions découvert chez le caviste « Le Comptoir des Crus » à Perpignan. Ce vin nous avait totalement séduit par sa richesse et sa complexité. Un véritable concentré de fruits rouges, gorgés de soleil.
Et quelle fut notre surprise en lisant sur l’étiquette qu’elle venait du domaine Sainte-Jacqueline à Saint-Estève. A Saint-Estève ? Nous y habitons depuis 9 mois, et nous n’imaginions pas trouver un vigneron dans cette banlieue pavillonnaire adjacente à Perpignan.
Autant dire que ce deuxième article nous éloigne déjà du cadre que nous nous étions fixé pour vin-et-tourisme.fr, en ce sens que nous n’imaginons pas comment justifier une visite touristique à Saint-Estève ! (Nous changerons d’avis si les voisins protestent !). Une ville très agréable à vivre au demeurant.
Mais la passion du vin l’emporte sur la raison ! Nous avons été séduits par l’accueil chaleureux et passionné de Céline Lafforgue et José Serrano, et leur empressement à nous faire visiter la cave et les installations vieilles de plusieurs générations. Situées à l’époque en bordure du village, elles se retrouvent maintenant en plein centre ville : c’est peu dire si la ville a grandi. Il reste encore une vigne, invisible aux regards des passants, cachée au milieu des maisons du bourg de Saint-Estève.
Aujourd’hui, après avoir modernisé les installations, Céline et José ont réinventé les méthodes de travail anciennes qu’ils considèrent plus respectueuses de la nature. José Serrano a choisi de ne pas suivre les méthodes de culture « dé-raisonnées » comme il les appelle, qui ont prévalu ces 10 ou 20 dernières années. Son motto : être à l’écoute de chaque parcelle pour en tirer la meilleure qualité.
Il recherche la minéralité dans le vin et travaille la vigne dans ce sens. Pour José, un bon vin se travaille d’abord dans la vigne. Et il n’y compte pas ses heures, préférant travailler de nuit s’il le faut pour préserver le grain de raisin intact jusqu’au pressoir.
Visiblement leurs clients leur rendent bien tout l’amour qu’ils mettent dans le travail de leurs vignes et de leur vin. C’est avec plaisir que l’on voit les clients réguliers s’approvisionner à la « buvette », vin de pays en vrac, vin de qualit plus qu’honorable pour un vin de tous les jours. Une offre suffisamment large pour satisfaire à la fois le vin de tous jours et le vin des grandes occasions.
Quant à la dégustation dans tout cela ? me direz-vous. Eh bien nous avons beaucoup aimé son vin généreux et puissant. La Vigne du Père de 2003 est son meilleur cru, à la fois complexe et parfaitement équilibré, et une cliente m’a fait remarquer un subtil arôme de cacao. Le prix est de 7€ et nous lui avons attribué une note de 16. Nous avons aussi apprécié son rosé, rafraîchissant, fruité et fin en bouche, vendu 3,60 € la bouteille ce qui m’a semblé d’un très bon rapport qualité prix. Nous lui avons attribué une note de 16.
Céline Lafforgue et José Serrano nous ont expliqué que tout le vin est vendu dans l’année, ce qui explique que son Côte du Roussillon, bien que puissant, concentré, tannique et minéral nous a semblé trop vert. A 3,60 €, nous lui donnons 13. Il est aussi vendu en bag-in-box de 5 litres à 11€, ou de 10 litres à 19€. Un vin de pays au vrac est proposé à 1.70€ le litre.